
13 août 2026
En Tanzanie, des avocats, des analystes politiques et Joseph Warioba Butiku, homme politique chevronné ayant conseillé trois anciens présidents, ont salué la nouvelle enquête sur les violences survenues lors des élections générales du mercredi 29 octobre 2025. Leur soutien repose principalement sur la recherche de faits, la transparence et la crédibilité du processus. Le président Samia Suluhu Hassan a mis en place cette commission d’enquête de six membres le vendredi 7 août 2026. Présidée par le juge Shabani Ally Lila de la Cour d’appel, la commission dispose de cinq mois pour enquêter sur les personnes susceptibles d’avoir commis des infractions pénales ou violé la loi avant, pendant ou après les élections. Elle devra ensuite formuler des recommandations.
Des affirmations politiques aux preuves
Pour les juristes, analystes et personnalités politiques impliqués, l’importance de l’enquête réside notamment dans la possibilité de détourner le débat national des revendications politiques contradictoires. Une évaluation fondée sur des preuves doit établir les responsabilités dans les violences. À cette fin, la commission doit rassembler les faits, enquêter sur les éventuelles violations de la loi et déterminer les personnes contre lesquelles des mesures peuvent être recommandées.
Joseph Warioba Butiku veut d’abord connaître les faits.
Joseph Warioba Butiku, président du conseil d’administration de la Fondation Mwalimu Nyerere, a déclaré lors d’un entretien avec des journalistes à Dar es Salaam que la Tanzanie ne peut résoudre le conflit relatif aux violences d’octobre sans avoir préalablement établi les faits. La question centrale est de savoir qui a provoqué ces violences. Joseph Warioba Butiku a souligné que ni le président, ni lui-même, ni aucun autre Tanzanien ne peuvent connaître la réponse tant que l’enquête n’a pas été menée. Par conséquent, il estime que la commission doit pouvoir mener à bien son travail avant que ses conclusions ne soient évaluées. À l’instar de la première commission, il recommande d’accepter sa mise en place, de suspendre temporairement les déclarations excessives et d’attendre les résultats. Selon lui, ces conclusions pourront fournir une base factuelle pour les décisions concernant la voie que la Tanzanie doit emprunter après ces violences.
Fondements juridiques et constitutionnels
L’avocat Sweetbert Nkuba a déclaré que la Commission Lila avait été créée dans le respect du cadre constitutionnel et juridique tanzanien. Selon lui, rien ne justifie de remettre en question sa légitimité. Le chapitre 32 de la loi sur les commissions d’enquête établit le fondement juridique permettant au Président de constituer une commission chargée d’enquêter sur une question d’intérêt public lorsqu’il le juge opportun, nécessaire ou conforme à l’intérêt public. Cette loi régit également la nomination des membres de la commission ainsi que la détermination de l’objet et des modalités de l’enquête. Sweetbert Nkuba estime donc que la commission doit être jugée sur ses travaux, et non sur des suppositions quant aux raisons de sa création.
Six juges originaires de trois pays
Outre la présidente Shabani Ally Lila, le comité est composé des juges retraités Gad John Mjemmas, Awadh Mohamed Bawazir et Aishieli Nelson Sumari. Deux magistrats étrangers de haut rang y participent également : le vice-président de la Cour suprême de Namibie, Petrus Tileinge Damaseb, et le juge Cheborion Barishaki de la Cour d’appel ougandaise. Grâce à cette composition, le comité possède une expertise juridique tanzanienne ainsi qu’une expérience judiciaire acquise dans d’autres systèmes juridiques.
L’expérience étrangère doit renforcer la confiance
L’avocat Steven Kaswahili, basé à Mwanza, estime que la participation de juges ougandais et namibiens contribuera à renforcer la confiance du public. Leur présence apporte un regard extérieur à la Tanzanie, essentiel à une enquête qui doit examiner des allégations extrêmement sensibles. Selon Steven Kaswahili, leur présence est particulièrement pertinente compte tenu de la nature de ces allégations et de la nécessité d’établir les faits en toute impartialité. Cette participation étrangère permet également à la commission de bénéficier de l’expérience judiciaire de différents systèmes juridiques. Petrus Tileinge Damaseb est vice-président de la Cour suprême de Namibie et président de la Haute Cour. Cheborion Barishaki siège à la Cour d’appel ougandaise et à la Chambre d’appel de la Cour de justice de l’Afrique de l’Est.
Différents contextes d’évaluation des preuves
L’analyste politique Salbinus David, de l’Université de Dar es Salaam, estime que la diversité des parcours professionnels peut enrichir l’évaluation des preuves. Une commission d’enquête sur les événements entourant les élections de 2025 gagnerait à être composée de membres aux profils professionnels et juridictionnels variés. Cette diversité permettrait de mettre les preuves à l’épreuve, d’examiner les hypothèses de manière critique et d’appréhender le dossier sous différents angles.
L’indépendance et les ressources demeurent les facteurs déterminants.
Le professeur Makame Ali Ussi, analyste politique à l’Université d’État de Zanzibar, souligne que la composition de la commission ne prendra tout son sens que si ses membres bénéficient d’une indépendance, d’une marge de manœuvre et de ressources suffisantes. Les membres de la commission doivent pouvoir examiner les preuves objectivement et tirer leurs propres conclusions. La présence de juges tanzaniens à la tête de la commission demeure essentielle pour Makame Ali Ussi, car l’enquête porte sur des événements survenus en Tanzanie. Le fait qu’un juge tanzanien de la Cour d’appel préside le comité et que d’autres juges tanzaniens y participent garantit l’expertise juridique nationale. Les juges étrangers complètent ces connaissances sans les remplacer. Ainsi, les connaissances locales et l’expérience judiciaire internationale peuvent toutes deux contribuer à l’enquête.
Il ne faut pas que la commission Chande se répète.
L’avocate Martha Serengi, basée à Arusha, estime que la nouvelle enquête ne doit pas être perçue comme une répétition du travail de la commission précédente. La commission Chande avait enquêté sur les causes et les conséquences des violences et formulé des recommandations. La commission Lila, quant à elle, a un mandat plus précis : enquêter sur d’éventuels actes criminels et établir les responsabilités. La précédente commission était présidée par l’ancien juge en chef Mohamed Chande Othman. Elle avait conclu que 518 personnes avaient été tuées et des milliers d’autres blessées lors des violences entourant les élections. Ce faisant, elle avait constitué un dossier factuel sur l’ampleur et les conséquences des troubles. La nouvelle commission doit désormais enquêter sur d’éventuels comportements criminels et identifier les personnes susceptibles d’y être impliquées. Cette différence explique pourquoi les personnes concernées considèrent la nouvelle enquête comme une étape supplémentaire et non comme une répétition.
Enquête sur les instigateurs, les participants et les financiers
Samia Suluhu Hassan a déclaré que la nouvelle commission devait approfondir son enquête sur les événements. Des juges namibiens et ougandais ont été sollicités afin d’apporter un éclairage plus large. Son mandat est de déterminer précisément qui a incité à la violence, qui y a participé et qui a financé les événements en Tanzanie. Samia Suluhu Hassan a appelé tous les Tanzaniens à coopérer pleinement avec la commission et a demandé que l’enquête ne soit pas entravée. Joseph Warioba Butiku, quant à lui, a appelé à la retenue. Selon lui, les acteurs politiques et les citoyens ne devraient pas tirer de conclusions hâtives avant que la commission n’ait rendu son rapport.
Cinq mois pour établir les responsabilités
Pour les juristes, le cadre juridique et la structure judiciaire constituent le fondement nécessaire. Pour les analystes politiques, la crédibilité reposera sur l’indépendance, les preuves, les ressources disponibles et une expérience professionnelle diversifiée. Pour Joseph Warioba Butiku, l’exigence principale demeure simple : la Tanzanie a besoin de faits. La commission dispose de cinq mois pour mener à bien son mandat. Samia Suluhu Hassan a indiqué qu’une prolongation pourrait être envisagée ultérieurement si les membres de la commission en font la demande. Le soutien des acteurs tanzaniens s’accompagne donc d’une attente claire : la commission doit être en mesure d’examiner minutieusement les preuves, d’établir les responsabilités lorsque les faits le permettent et de fournir une base factuelle crédible aux mesures qui pourraient être prises par la suite.

La nouvelle commission d’enquête tanzanienne se concentre sur les instigateurs, les participants et les financiers.
La Tanzanie a mis en place une nouvelle commission de six membres chargée d’enquêter sur les éventuelles infractions pénales liées aux élections générales du 29 octobre 2025. La précédente commission, présidée par le juge en chef à la retraite Mohamed Chande Othman, avait fait état de 518 morts et de milliers de blessés. La nouvelle commission, dirigée par le juge Shabani Ally Lila, doit désormais déterminer qui a incité à la violence, y a participé ou l’a financée. Les juges à la retraite Gad John Mjemmas, Awadh Mohamed Bawazir et Aishieli Nelson Sumari en font également partie, aux côtés de Petrus Tileinge Damaseb (Namibie) et de Cheborion Barishaki (Ouganda). Le président Samia Suluhu Hassan leur a accordé cinq mois, avec possibilité de prolongation sur demande. Joseph Warioba Butiku, homme politique expérimenté, conseiller de trois anciens présidents et président du conseil d’administration de la Fondation Mwalimu Nyerere, appelle les Tanzaniens à attendre que les faits soient établis. L’avocat Sweetbert Nkuba souligne le fondement juridique et constitutionnel de la commission. L’avocat Steven Kaswahili perçoit la présence de juges étrangers comme un atout potentiel pour renforcer la confiance du public. Salbinus David, de l’Université de Dar es Salaam, souligne l’utilité de la diversité des profils professionnels et juridiques. Le professeur Makame Ali Ussi, de l’Université d’État de Zanzibar, précise que l’indépendance, la marge de manœuvre et les ressources nécessaires demeurent indispensables. L’avocate Martha Serengi explique que cette commission ne reprend pas l’enquête précédente, mais doit examiner les éventuels actes criminels et les responsabilités individuelles. Samia Suluhu Hassan appelle la population à coopérer et à ne pas entraver l’enquête. Le cadre juridique est établi. Le mandat est clair. Il reste à voir si la commission pourra déterminer, preuves à l’appui, les responsabilités dans les violences meurtrières survenues lors des élections.
Andy Vermaut +32499357495





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